Ce que j’ai appris en traversant moi-même
Je n’ai pas toujours su traverser.
J’ai d’abord essayé de comprendre.
D’expliquer.
De tenir.
D’aller mieux.
J’ai cherché des réponses.
Des repères.
Des façons de sortir plus vite de ce qui me traversait.
Et puis, il y a eu des moments où cela n’a plus fonctionné.
Des passages plus profonds.
Plus déroutants.
Où rien ne pouvait être contrôlé.
C’est là que quelque chose a commencé à changer.
Pas à l’extérieur.
À travers moi.
J’ai appris, peu à peu, que tout ne demandait pas à être résolu.
Que certains passages ne se “réparent” pas.
Qu’ils se traversent.
J’ai appris à ralentir.
À rester avec ce qui était là,
même quand c’était inconfortable, flou ou silencieux.
J’ai appris que ne pas savoir est parfois un passage en soi.
Un espace entre deux états.
Entre ce qui n’est plus…
et ce qui n’est pas encore.
J’ai appris que vouloir aller trop vite pouvait refermer ce qui cherchait à s’ouvrir.
Que derrière l’inconfort,
il y avait souvent quelque chose de plus profond qui demandait de la place.
J’ai appris à écouter autrement.
Pas seulement avec la tête.
Mais avec le corps.
Avec les ressentis.
Avec ce qui ne se dit pas toujours avec des mots.
J’ai appris que certaines réponses ne viennent pas quand on les cherche,
mais quand on laisse un espace pour qu’elles apparaissent.
Et surtout…
J’ai appris que je n’avais pas à traverser seule.
Même si, longtemps, je l’ai cru.
Ces passages m’ont transformée, oui.
Mais surtout, ils m’ont rapprochée de quelque chose de plus juste.
Plus simple.
Plus vivant.
Plus vrai.
Aujourd’hui, je n’accompagne pas depuis un savoir.
J’accompagne depuis cet espace traversé.
Un espace où je sais que : on peut ne pas comprendre,
et pourtant avancer. On peut se sentir perdue, et pourtant être exactement là où l’on doit être.
Je ne vous montre pas le chemin.
Je tiens l’espace pendant que le vôtre se révèle